[Chronique]

Publié le par Métastases

RoBERT - Sourde et aveugle
par Arno Mothra


SourdeEtAveugleIntroduit par une première tournée et le single « Tout est calme » – aux allures faussement optimistes –, Sourde et aveugle annonce fin 2008 une nouvelle évolution de la part de RoBERT, moins torturée et davantage espiègle, jouant pour la première fois avec une formation rock. Une belle curiosité, théâtrale et percutante.

Si le précédent Six pieds sous terre nous avait séduit haut la main, autant pour son audace que pour sa qualité, il conviendrait de reconnaître qu’une part du public de RoBERT eut du mal, à l’époque, à accepter ce chamboulement total. Il faut bien admettre également que la chanteuse, durant une période d’environ quatre ans, n’a proposé que des prestations live assez moyennes, mal maîtrisées, n’apportant ainsi qu’un intérêt limité à ses nouvelles compositions. Un gros gâchis, cependant bien rattrapé depuis l’Espace Cardin (Haute couture).

Plus varié et rythmé que Six pieds sous terre, Sourde et aveugle emprunte néanmoins une suite logique à ce dernier, tout du moins pour les structures néoclassiques de « Cold earth » et « Eléonore » (cuivres et cordes), lesquelles se retrouvent mixées à des teintes plus rock (batterie, guitare sèche et électrique, basse). La pop électronique de Sine revient brièvement (« Tout est calme », « The end », hallucinante reprise des Doors sans aucun rapport avec l’originale) alors que les guitares bluesy s’immiscent de plus en plus (« Cerise »). Quelques ballades aux arrangements oniriques refont leur apparition (« Comme un dieu », « J’ouvre pas »), jusqu’au duo avec Austyn (« Le jardin des roses »), non sans rappeler l’ombre de Nick Cave & The Bad Seeds.

Malgré la redondance de « Gouttons au ciel » et « Comme un dieu », par ailleurs assez grandiloquents et ennuyeux, ce cinquième album dévoile encore une fois de très bons titres, principalement en marge de la pop music actuelle et passée (« Le tour de France »). Les textes plus enjoués qu’à l’accoutumée apportent une sacrée bouffée d’air frais, avec un coup de cœur vers l’excellent single « Sorry », plutôt ambigu dans son message.

Pour les novices, Sourde et aveugle s’avère être l’opus idéal (avec Unutma) pour découvrir l’univers riche et multifacette de RoBERT, tant l'expérimentation est efficace et variée. Pour les autres, il signe avec intérêt une nouvelle évolution chez l’artiste, décidément peu décidée à se répéter et régresser. Un petit météore dont la luminosité ne s’altère toujours pas.

 

SourdeEtAveugle.jpg

RoBERT, Sourde et aveugle, sorti le 17 novembre 2008 chez DEA
Site
Myspace
Clip Tout est calme
Clip Le jardin des roses

Publié dans Cycle RoBERT

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