[Chronique]

Publié le par Métastases

Rabia Sorda - Noise diary
par Arno Mothra

rabiasordaPlus la peine de présenter Hocico, à juste titre l’une des formations électrodark les plus reconnues depuis une quinzaine d’années. Erk Aicrag, voix lead et bras droit du groupe, propose avec Noise diary son deuxième essai en solo sous le nom Rabia Sorda, qui malgré quelques maigres défauts, vaut bien toutes les attentions.

Alors que la dernière livraison d’Hocico manquait autant d’énergie que de renouvellement (redondance un peu barbante, ensemble plutôt convenu), Métodos del Caos, premier album de Rabia Sorda sorti en 2006, créa la surprise par sa richesse peu commune dans le genre : éclectisme de bon aloi (avec notamment un titre samplé sur Rachid Taha), violence sombre et rancunière, mélodies fouillées et accrocheuses, qualité du son irréprochable. Disque devenu sans peine une référence, mélangeant habilement les influences d’Hocico sous une électro industrielle brillant de quelques simulacres punks et métalliques. Une vraie claque, comme on n’en a plus reçue depuis (et qu’on n’attend pas non plus).

Reprenant presque tous les codes du précédent, Noise diary ne se révèle ni surprenant ni novateur mais diablement efficace, même si la brutalité s’est quelque peu dissipée en cours de route (comme chez Hocico d’ailleurs). Ici, la production est parfaite, sèche et très pro, la voix prenante, aucun titre ne semble de trop. À défaut de changer, la recette fonctionne, et vu ce qu’on nous refourgue dans les tympans depuis un moment, il s’agit d’un sacré luxe duquel il serait idiot de se priver.

On retiendra particulièrement les pistes violentes et explosives (« Out of control », « Radio paranoia », « Monkeyland », l’agressif « Get your overdose »), ainsi que les trois apartés plus calmes, froids (« Heart eating crows » et sa guitare sèche, « Burning house » et « Mirrors and knives », superbes). Sans être mauvais ou complètement dénués d’intérêt, les morceaux plus posés finissent par lasser (« NME », « This is the end », « A world on fire »), sans doute pour leur côté déjà-vu et leur manque de profondeur par rapport au reste. Malgré ça, il serait adéquat de saluer la performance d’Erk, lequel sait toujours créer d’excellents morceaux électrodark sans sombrer dans la nullité guimauve dégoulinante actuelle (avec :Wumpscut: en tête de liste, à croire qu’il préfère désormais prendre du temps à vendre des mugs, des strings et des drapeaux à son effigie que de peaufiner sa musique).

Pas aussi réussi que Métodos del Caos mais largement meilleur que le dernier Hocico, Noise diary mérite donc bien qu’on s’y attarde, même si une petite absence d’intérêt peut se faire ressentir lors de sa première écoute. On espère juste un peu plus d’originalité sur le prochain opus.


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Rabia Sorda, Noise diary, sorti le 25 septembre 2009 chez Out of line
Site
Myspace
Clip Heart eating crows

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