[Live report]

Publié le par Métastases

Gackt à L'Alhambra de Paris (18 juillet 2010)
par Domino
 
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Le dimanche 18  juillet, le Divin est descendu sur Terre pour apparaitre à une assemblée de privilégiés. C'est que voir la lumière sacrée, ça se mérite et seulement 800 personnes ont pu assister à l'apparition. 800 personnes réunies à l'Alhambra pour accueillir comme il se doit le grand, le seul, l'unique Gackt.

Gackt, au Japon, c'est des concerts que AC/DC envieraient mais sans faire aussi bien. Gackt, c'est le mec qui arrive sur scène à cheval lors d'une chevauchée fantastique en plein Tokyo Dome, qui danse et chante au milieu de danseurs semblables à une armée, qui fait tomber la pluie sur scène et qui rapproche la lune pour que ça fasse un plus joli décor pour la chanson. Gackt, sur scène, il chante parfaitement, disparait, apparait, se bat contre des adversaires dans des chorégraphies millimétrées. Mylène Farmer aimerait bien faire pareil, elle essaye, mais elle y arrive pas. U2 s'en inspirerait bien mais malgré tous leurs efforts ils restent fades depuis des années. En gros Gackt au Japon, c'est du show, du grand, du vrai. Les concerts intimistes, il sait plus ce que c'est depuis pas mal de temps. Alors pour sa venue en France, on allait avoir droit à quoi ?

Eh bien pour son passage par chez nous et en l'occurrence sa première tournée européenne, Gackt a su s'adapter, le propre des grands artistes. Le Maître propose donc en lieu et place des effets pyrotechniques, des escaliers majestueux sortis de nulle part et j'en passe, un show 100% rock, ce qui veut dire, pas de fioritures, juste de la sueur, des titres rentre-dedans et tout ce qui s'ensuit. Du pain béni donc, une vraie chance d'apprécier l'artiste dans une configuration intimiste et qui ne sera pas prête d'être reproduite. Et pourtant la soirée aurait pu mal commencer, la faute à un staff de salle désastreux, obligeant les gens à jeter des affaires personnelles jugées aléatoirement dispensables. On ne s'étalera guère sur leur attitude méprisante en toute situation et on clôturera le sujet en se demandant quelle image ce genre de comportement peut bien laisser auprès des étrangers ayant fait le déplacement parfois de très loin. Soit, passons.

Arrivé dans la salle, on constate la mise en place minimaliste des choses : une batterie, un bassiste, deux guitaristes et une estrade pour Gackuto Sama. Pas de piano, ou de violon caché dans les coins, les fans seront donc contraints de faire l'impasse sur des hits tels que "Vanilla" ou "Last song", souci de cohérence conceptuelle oblige, ce que beaucoup auront du mal à comprendre.

Passé une introduction parlé (en anglais) assez humoristique nous contant les recommandations d'usage à grands coups de "prenez pas de photos bande de petits cons", les musiciens arrivent, tout sourire, et apparemment en grande forme. L'intro de "Zan", nouveau titre, se fait entendre et c'est assez rapidement que Gackt arrive du côté de la scène, sabre à la main pour le style et prestance pétrifiante immédiate une fois sur son estrade. L'homme est impressionnant, doté d'un regard époustouflant qui aura balayé si bien la salle qu'il aura donné l'impression à beaucoup d'avoir été regardé droit dans les yeux. Le son de la salle est correct pour le moment, et la chanson, épique, se laisse grandement apprécier, tout ému que l'on est d'avoir Gackt devant soi. Sa voix est tout aussi puissante que sur album et c'est époustouflé qu'on assiste au lancement de "Dybbuk", morceau inattendu au possible.

Et là c'est le drame. Tout se coupe, laissant le batteur gérer admirablement le problème en plaçant un break de batterie pour faire passer ça mieux. Il semblerait que la basse du bassiste (ancien bassiste de hide) ait provoqué un problème de son général et c'est donc pendant bien 10 minutes que Gackt se fera mousser et chauffera la salle en faisant crier son nom, le nom de sa tournée et tout le toutim. Le son reviendra finalement sans réels gros problèmes par la suite et le groupe reprendra d'une manière très professionnelle le "Dybbuk" précédemment lancé. Chanson qui provoquera d’intenses réactions sur le refrain, Gackt ayant décidé de faire un peu de "fan service" en se caressant langoureusement à plusieurs reprises. L'initiative n'aura pas manqué de provoquer son lot de cris et hystérie ce qui est avouons-le, mérité, le personnage étant non seulement charismatique mais aussi réellement beau. Il aura d'ailleurs achevé le public deux chansons plus tard en se mettant torse nu, dévoilant un corps naturellement parfait (ne soyez pas dégoutés messieurs, ne lui en voulez pas, la vie est ainsi faite).

Le concert sera alors un défilé de moments purement rock, et une démonstration exceptionnelle de la puissance vocale de Gackt. Aucun accroc ne sera à constater pendant le concert, aucune fausse note, aucun problème de voix, et les seuls bémols seront à imputer à une sono un peu problématique qui aura parfois bouffé la voix du maitre, mais également la guitare de Chachamaru, particulièrement sur la chanson "Lu:Na" où le solo sera malheureusement inaudible. Cela n'empêchera aucunement de profiter de la puissance d'un "SpeedMaster", du souffle épique d'un "Mind forest" exécuté en anglais pour l'occasion ou de la danse euphorisante effectuée par le maître sur "Ever", tout nouveau single fraîchement dévoilé quelques jours auparavant. L'un des plus beaux enchainements du concert (en dehors de "SpeedMaster" enchainé par "Lu:Na", grosse claque s’il en est !) sera le combo "Jesus" suivi de "Flower". La première est une des meilleures chansons que Gackt n'ait jamais écrites, perle de puissance d'une force éblouissante qui donnera de grosses sueurs à beaucoup, et la seconde sera entamée en a cappella (ce qui aurait dû faire taire tout début de rumeurs de playback) pour migrer vers la magnifique power ballade qu'elle est. On appréciera tout autant le final sur "Kagero", effectué dans une osmose totale qui laissera pantois d'admiration avant le départ du groupe.

Chaque membre reviendra alors pour une version d'anthologie du "Uncontrol" ancien tube assez inattendu. La version quasi techno sera le point d'orgue du concert qui se terminera sur cette apothéose, laissant devant le public un Gackt visiblement très ému au point de promettre immédiatement son retour, et des musiciens radieux. On restera ainsi de longues minutes à saluer l'artiste, à le remercier lui et toute son équipe pour un concert qui restera dans les annales des plus passionnés.

Car malgré ce qu'en diront les mauvaises langues pour qui c'était soit :
-à chier car Gackt chantait en playback
-à chier car Gackt ne faisait pas pareil qu'au Tokyo Dome
-à chier car Gackt ne jouait pas ses anciennes chansons
-à chier car Gackt était Gackt et j'en passe


Le concert était une très grande réussite, certes pas exempt de petits défauts, mais qui a su donner une seule envie à la majorité de la salle : revenir lors de son prochain passage. Le rendez-vous est donc fixé, et on patientera en écoutant son dernier album, semi best of reprenant à un titre près la set list de ce concert parisien.

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Fanbase officielle Gackuto No Yume

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