[Interview] So Was The Sun

Publié le par Métastases

Pour compléter la chronique d'un EP fort réussi et chroniqué juste ici , Palem de So Was The Sun nous fait le plaisir d'une interview plutot compléte. Bonne lecture à vous!

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1/ Alors premièrement, commencons par les présentations, d'ou vient So Was The Sun, et pourquoi ce nom de groupe?

 

P : So Was The Sun est un groupe qui date de 2007, on s’appelait « Palem » à l’époque, en toute modestie. Pas mal de personnes sont passées dans ce projet et ont aidé le répertoire, qui était acoustique à la base, à devenir quelque chose d’énergique et de solide. En 2009, le groupe devenait vraiment l’affaire de quatre personnes et moins juste « mon » projet. On a donc voulu le rebaptiser juste avant le premier concert dans cette formation-là. J’avais proposé « Sunwasso », un mot inventé à partir d’un de mes textes en anglais, mais on a fini par en faire une phrase et ça a donné « So Was The Sun ». Depuis 2010 on tourne en formule trio, qui est finalement ce qui nous va le mieux, avec Mai-Lan à la basse et Loïc à la batterie. Et on s’est bien trouvés.      



2/Quels sont les influences premières du groupe?

 

P : Les premières compos du groupe correspondent à l’époque où j’ai découvert Sonic Youth, qui reste une de mes plus grosses claques. Depuis, j’ai dévié vers plein de choses qui ont marqué nos chansons, de Joy Division à Tomahawk en passant par Parts & Labor ou The Cure. Je suis carrément boulimique en musique, mais la plupart du temps c’est les petits groupes indés qui m’influencent, ça vient des rencontres ou des hasards. Après, on se retrouve tous les trois sur des sons comme Tool, The Mars Volta, le Nirvana crado de « In Utero » ou les Foo Fighters. C’est un cocktail qu’on n’a pas fini d’exploiter et qui nous sert à aller dans plein de directions tout en restant nous-mêmes. 



3/Comment s'est passé l'enregistrement de cet EP?

 

P : Une bonne galère ! A l’époque, notre ancien batteur nous a beaucoup aidés à rendre le projet d’enregistrement possible, mais on a bourlingué entre trois ou quatre studios différents, parce qu’il fallait refaire des guitares, des voix. On était partis sur dix titres, sans être prêts à 100%, donc on a souffert à enregistrer ce disque. Mais c’était important tout ce qu’il s’est passé sur ces trois mois de prises et de mix. J’avais rencontré Hugo Cechosz des Twin Twisters, avec qui on a fait des dates et quelques autres projets, et qui nous a proposé de mixer cinq titres en analogique au lieu des dix en numérique. Ca nous a semblé être la bonne solution, surtout que c’était plus intéressant de faire écouter les cinq chansons les plus récentes plutôt que d’anciennes, qui étaient déjà sur les autres démos. Hugo a fait le mix et le mastering, moyennant un clip que j’ai réalisé pour les Twin. Cette notion d’échange de coups de main compte vachement pour nous, et son travail a été génial pour faire ressortir notre côté nerveux et tranchant.


4/Ce duo pour finir l'album, il a été amené comment? Est ce que la collaboration est quelque chose de naturel pour vous? Peut on s'attendre à en voir d'autres par la suite?

 

P : Le duo avec Rachel Austin, c’est aussi un joli hasard. Ca fait deux fois que je fais venir cette chanteuse d’Irlande en France, je lui ai trouvé quelques dates, et à chaque fois c’était évident qu’on allait faire un truc ensemble, ne serait-ce que l’accompagner sur scène pour quelques chansons. Comme elle est arrivée en plein pendant notre enregistrement, j’ai imaginé ce que « My Lover’s Gone » donnerait si c’était un duo, un question/réponse où les identités se mélangeraient et exploseraient ce texte, qui est très dur sur la séparation et l’image de soi. Et comme elle a une voix terrible… Je me souviens d’avoir eu un putain de frisson pendant les prises en l’entendant chanter. C’est une super rencontre, et comme on la retrouve en Irlande fin novembre, il y a de sacrées chances pour qu’elle vienne chanter sur scène avec nous. On veut vivre des moments comme ça, c’est clair. Que des gens viennent amener un truc en plus, on adore, ne serait-ce que parce que c’est des potes et qu’on aime la scène ensemble. Par exemple, Pedro, un ancien guitariste de So Was, qui joue aussi avec moi dans un autre projet, a posé quelques guitares sur le disque, et lui et Pilal (encore un gratteux qu’on aime) ont déjà joué en live avec nous. Ca gonfle le son, on devient tout à coup un groupe à quatre ou à cinq, c’est épisodique mais très excitant. Donc oui, on a la culture d’embarquer des gens avec nous. Il est prévu de faire quelques concerts avec Maxence, un ami de longue date, aux claviers.       



5/Comment appréhendez vous l'expérience live?

 

P : C’est clairement ce qu’on aime le plus, on rêve de tourner autant que possible. On a croisé des tas de lieux différents, donc autant d’ambiances et de publics, on a connu des galères mais aussi des grandes chances, comme au Tremplin de Mouy ou à la Lune des Pirates. On veut que ça soit unique à chaque soir, lâcher les chiens sur scène et se donner. En tout cas je ne vois pas l’expérience live autrement. Et il y a donc cette envie de faire venir des amis musiciens pour donner d’autres visages aux chansons.      



6/Votre avis sur la situation musicale actuelle dans notre beau pays? (C'est la question "societé" du jour)

 

 

P : On vit ce bordel tous les jours, donc on sait que c’est très difficile. A titre personnel, je me sens très militant par rapport à ça, j’ouvre pas mal ma gueule sur cette question parce que ça pourrait être simple d’avoir une date, de jouer dans de bons endroits, mais ça l’est pas. Il y a toujours des contraintes, des moyens de plus en plus réduits, des lois et une politique culturelle pourrie qui nous font passer pour de grands attardés à côté des pays anglo-saxons et du Québec. Ca c’est le côté très social de la chose, qu’on expérimente quotidiennement et qui mine pas mal de musiciens et de spectateurs. Et paradoxalement, il se passe des choses super intéressantes dans ce monde-là, parce qu’on se complexe de moins en moins par rapport à l’anglais ou au français dans les textes, par exemple, et que je vois tout le temps des groupes taper aussi fort qu’une grosse pointure rock ou noise. C’est rassurant, mais faut pas que ça s’éteigne à cause des conditions qui entourent la musique en France. Au contraire…


7/Un Big Up, un coup de coeur à passer? Ou meme un coup de gueule?

 

P : On aimerait embrasser très fort les Lisa A Peur, d’Amiens, notre dernière belle rencontre. C’était à Mouy, ils jouaient en tant que vainqueurs de l’année dernière et nous ont adoubés sur scène en disant qu’ils avaient voté pour nous… On a très bien accroché, on est amenés à refaire des trucs ensemble sur la Picardie. Ils font un punk barjot et familial bien frontal, avec une pêche sincère. On espère croiser plein d’autres gens comme ça et continuer à tisser des liens. Donc Big Up à ça !


Myspace

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