Katanonie, "omniprésence du K" dans la sphère creuse, noire. Le mystère
ambigu autour de cette lettre sied parfaitement à Elastik dont Metalik, premier album sorti en décembre dernier, se fond à quoi mieux dans le principe de la thermodynamique. Sonorités
industrielles, électronica et trip-hop déstructuré, activités du contraste, verbe perdu dans l'apoplexie : voyage au coeur des effets de la Kétamine...
Kataplexie.
Eprouvant, fascinant, tordu, complexe, sauvage, froid, brûlant :
Metalik combine les antinomies en créant une complémentarité plutôt insoupçonnée à travers dix pistes, industrielles,
réunissant
Black Sifichi (
Ez3kiel),
Cheval Blanc (
No One Is Innocent),
Horror 4o4 et
Malika (
Sism-X Dub) pour les parties vocales. Ici, la porte
d'exit n'existe pas, la geôle est dégueulasse et les murs partent en lambeaux. Le manque d'air est pesant, on plane au bord de l'asphyxie, jouissant presque de l'ankylose. Le poison nous fait
tourner de l'oeil sans que l'on ne trouve quelque chose à contester.
Kortège noir.
Metalik ouvre la danse (macabre) par "Magnetik", écrit et interprété avec un invité de marque,
Black Sifichi. On rentre tout de suite dans le vif du sujet : voix caverneuse, récitant
plus qu'elle ne chante, séquestration dans des mouvances grises, maladie industrielle violente et violette. La qualité du son est bluffante, comme le soin apporté au moindre détail. Deuxième et
dernier morceau porté par un homme, en l'occurence
Cheval Blanc, "Mecanik" continue sur une voie similaire quoique plus glaciale : les mots se mettent au service des notes, sous un rythme
à la structure davantage portée vers l'expérimentation. La suite de l'album dévoilera pour sa part des aspects plus contradictoires.
Kortex rempli de chrome.
Avec "Clinik", "Cyclik" et "Panik",
Horror 4o4 parle pour se taire, se terre sous un monologue éteint alors qu'elle s'assied à califourchon entre la vie et la mort. La violence ne se
masque plus que derrière les mots, aiguisés comme des couteaux de chasse. On retiendra particulièrement "Panik", titre plus uptempo complètement défoncé dont l'urgence des textes et de la musique
est servie avec grâce par une voix au bord d'une folie extatique. A écouter absolument.
Klore dans les cellules.
La partie la plus intéressante du disque est également, paradoxalement, la plus mitigée car un peu trop longue, prenant le risque de partir dans tous les sens. La participation de
Malika,
chanteuse dub expérimental / trip-hop au timbre soul, impose un jeu de rôles surprenant par la chaleur de sa voix et, particularité dans l'album, des textes chantés avec un refrain. L'excellent
"Amnesik" rompt totalement avec l'atmosphère suicidaire des titres précédents, en fusionnant les influences trip-hop de
Malika aux ambiances nettement moins communicatives
d'
Elastik. Tout aussi efficace, "Kronik" tente une approche plus cohérente avec le reste du disque, tout en préservant un style à part. Dommage en revanche que "Trafik", plus mou et
maladroit, vienne casser un final explosif et brutal, sans échappatoire possible ("Panik" et l'instrumental "Koma", véritable joyau de noirceur).
Kataclysme moderne.
Il en reste qu'à travers
Metalik,
Elastik met l'auditeur sur le billot, s'amusant avec brio à diverses options chirurgicales et psychotiques. A réserver tout particulièrement aux
amateurs de musiques industrielles, électroniques et expérimentales.
Elastik,
Metalik, sorti le 14 décembre 2009 chez Sounds Around
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Article rédigé par Arno Mothra