[Chronique] Queen Adreena - Taxidermy

Publié le par Métastases


http://img15.hostingpics.net/pics/272323queenadreenataxidermy.jpgAprès s'être attardé quelques temps sur les projets qui sont suivis son départ de Daisy Chainsaw, et après avoir découvert les premiers travaux de sa petite soeur, il était temps de revenir vers elle... Où étais tu Katie Jane pendant toutes ces longues années, laissant Crispin se démener seul, incapable de rebondir, orphelin de ta présence? Que fais tu, que deviens tu? Des fans se sont sûrement posés cette question plus d'une fois, attendant désespérément le retour de la furibonde jeune femme, à l'énergie épileptique, un tantinet incontrôlable? Qu'ont ils pensé en la voyant si changée? Retour sur le contexte de la sortie de l'album...


Retrouver Katie Jane sur cet album, c'est un peu comme retrouver une ex camarade de classe qui aurait tellement changé qu'elle en serait méconnaissable. Celle qu'on ne calculait pas vraiment au collège se présente vraiment métamorphosée du tout au tout 10 ans plus tard, comme si son esprit avait été vraiment chamboulé, vous saisirez l'image. Si on se rappelle des excentricités vocales du titre d'ouverture du premier album de Daisy Chainsaw, on ne peut qu'être surpris par ce "Cold Fish" qui ouvre l'album. Semblant surgir de loin au bout d'une dizaine de secondes, le riff d'ouverture surprends par son efficacité immédiate, son soutien apporté par un duo basse-batterie qui explose d'emblée toute comparaison avec Daisy Chainsaw et surtout par la voix de Katie Jane, mue par une réelle assurance et empreinte d'une aura radicalement différente. Le morceau est court, se finit dans une parfaite fusion des membres et l'auditeur se retrouve forcement avec un sourire aux lèvres. Le disque s'annonce parfait.

"Soda Dreamer" part sur une base répétitive, hypnotique, intercalant de court intermèdes plus ronds avant de relancer son magnétisme. Crispin semble avoir déja retrouvé sa formule magique. Orson Wajih, bassiste doué du même talent d'efficacité que son guitariste de partenaire, et Billy Freedom font des merveilles et comprenez bien par la qu'il ne s'agit pas d'une démonstration de virtuosité mais bien du fait de donner exactement ce qu'il faut aux morceaux. Prenons "I Adore You" par exemple, c'est bête et méchant comme rythmique, mais ça fonctionne du tonnerre! Un riff en deux temps, un batteur qui cogne, un basse présente et Katie Jane qui fait des merveilles. Que dire de ce petit final où sa voix voix évanescente se lie au son d'un xylophone, des coups de hachoir riffesque de Crispin? Du talent, tout simplement, voila ce qui entoure ce groupe, ni plus ni moins.

L'une des marques de fabrique de ce délicat et parfait album est sans conteste son aura très "mystique". Que comprendre par la? "Yesterday's Hymn" donne la réponse en trois minutes à travers des choeurs impalpables, et une atmosphère proche d'une certaine idée du recueillement. Il y a bien sur aussi cette reprise de "Pretty Polly", chanson anonyme que le groupe colore d'une touche envoûtante avant de le laisser exploser dans ces derniers instants. "Yemaya", sa magique introduction instrumentale est à couper le souffle, et se présente comme une parfaite introduction avant  "Madraykin", l'un des meilleurs morceaux de l'album. Sorte de blues décharné sale et ultra lent, le titre offre pile quatre minutes de jouissance musicale totale, Katie Jane et Crispin semblant unis par une force indéfinissable, leurs voix s'unissant sur un refrain beau à pleurer. Et ce n'est pas tout...

Si "Madraykin" est le plus beau titre lent de l'album, "X-Ing Off The Days" (dont une version existe avec Crispin au chant, mais quasi introuvable) est une tuerie électrique indéniable. Crispin offre une de ses meilleures prestations, la basse ronfle comme jamais, et le jeu de Billy tentaculaire. Katie Jane y est magnifique, tantôt semblant au bord de la rupture, puis aérienne, hantant le morceau comme un fantôme qui attaquerait de toute part. Un vrai tour de force, sommet de l'album plaçant la barre très haut pour la suite. La fin de l'album d'ailleurs, est plus "douce", "Hide From Time" faisant office de pont vers un "Friday's Child" rappellant un brin Daisy Chainsaw. "Sleepwalking" laisse planer l'atmosphère quelques instants avant que "Are The Songs My Disease" et "Weeds" finissent l'album en beauté, avec une mention spéciale pour le dernier titre, d'une beauté et d'une fragilité réellement touchante.

On aurait pu parler des titres bonus que sont l'a capella "Heavenly Surrender" ou le bien trop court "Pray For Me", mais ça serait péché de gourmandise. On se contentera juste de souligner l'importance de cet album dans le développement de l'univers général qui entour le duo Katie Jane/Crispin, de nouveau réuni et avec une magie toujours plus présente. Si ce premier album est donc une grande réussite, que pourra t on attendre du second opus? Ce qu'il livrera sera bien au delà des attentes...

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Queen Adreena, Taxidermy, sorti en 2000 chez Blanco Y Negro Records
http://katiejanegarside.com/queenadreena.html (eh non il n'y a plus de site officiel depuis longtemps)

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