[Chronique] Limp Bizkit - Gold Cobra

Publié le par Métastases

http://img11.hostingpics.net/pics/735456LimpBizkit.jpgIl y a quelques temps sortait un album de Korn que cette bande de petit rigolos essayait de nous vendre comme le véritable troisième album du groupe, pleine de rage et de douleur à l'ancienne. Le verdict fut sans appel: les revivals dans ce genre, réalisé sans conviction, n'ont jamais de grand intérêt passé l'heure de découverte. Cette conclusion faite, c'est forcément avec une certaine appréhension que débute l'écoute de cet album de Limp Bizkit.

Parce qu'il faut dire que ces dernières années, le groupe faisait plus office de running gag que de réel objet de convoitise. Wes part, Wes revient, Fred emmerde Wes et annonce un nouveau guitariste mais en fait non, Wes repart, Wes emmerde Fred et dit qu'il ne reviendra plus jamais. Wes utilises ses compos refusées par Fred pour son album solo et assure, mais Wes ne sait pas chanter en live. Fred annonce un nouveau guitariste mais en fait non. Et puis tout ca recommence sans cesse, jusqu'au retour (définitif apparemment) du bellâtre peinturluré.

D'ailleurs avant d'entrer dans le vif du sujet, parlons en rapidement de ce retour ou plutôt de cette reformation. En effet, même si rien n'avait été officiellement annoncé, le fait que DJ Lethal reforme House OF Pain et se lance dans un nouveau projet, que John Otto ait quitté le groupe pendant l'enregistrement de l'EP avec Wes, ne laissait plus qu'a Sam Rivers et Fred le soin de maintenir le navire en surface. Et c'est exactement quand celui ci allait couler que le retour inattendu se fit. Pour l'argent? C'est ce que les mauvaises langues penseront sûrement, mais en y réfléchissant un peu, il n'est pas certain que le retour du groupe, tout sauf crédible depuis quelques temps, soit vraiment très rentable quand on sait qu'un certain guitariste maître du déguisement a déjà été approché par des groupes de la trempe de Nine Inch Nails, A Perfect Circle pour grossir les rangs de plusieurs supergroupes. Et puis Wes l'a dit, qu'il était temps de "se permettre une dernière dose de fun avant d'être trop vieux pour le faire"... N'est ce pas un aveu de sincérité des plus respectables?

Et que peut on trouver sincère que des musiciens qui s'éclatent? Car cet album, il est évident que tout les membres ont prit un pied d'enfer à le faire. Dès le premier morceau, la guitare de Wes apparaît épaisse, traînante non sans rappeler l'EP de son premier retour, accompagné d'un beat synthétique et du seul flow de Fred comme pour mettre en avant le duo tour à tour ennemi et ami. Et la le refrain arrive, laisse éclater la batterie d'un John Otto qui parait très bien informe avant de s'éteindre, laissant de nouveau la place au duo. Le jeu sera de courte durée, le morceau titre s'imposant dès un premier riff puissant, efficace, le genre de single idéal pour se relancer. "Shark Attack" a des airs de "Break Stuff" sur les couplets qui ne sont pas désagréables, dévoilant ainsi ce qui semble être la recette principale du disque.

Limp Bizkit ne s'est posé aucune question pratique en attaquant le travail de cet album. Règle d'or: se faire plaisir, ne pas aller chercher une fausse révolution musicale là où ni le groupe ni le public ne semble en avoir besoin. Les nouveautés dans cet album se font subtils, parsemés ici et la... Et puis par la aussi. DJ Lethal par exemple est bien plus présent que d'habitude, ce qui n'est pas un mal, les ambiances et effet qu'ils posent ici et la offrant un réel potentiel de réécoute. Wes retrouve une belle créativité de riff, alliant un aspect résolument old school à une envie de montrer qu'il sait toujours exactement comment accrocher l'auditeur. Si "Shotgun" est un titre efficace qu'il convient d'apprivoiser, particulièrement en raison de couplets un peu spéciaux, un titre comme "Douchebag" est la preuve évidente du grand talent du fils de mormon et de sa capacité à unir tout le groupe pour un résultat optimal.

"Walking Away" est la "ballade" idéal du groupe, celle que Fred Durst aurait sûrement voulu écrire seul quand Wes s'est tiré la première fois en 2001. Fort d'une montée tonitruante, le titre se clôt sur un final ou les cris de l'un se mêlent au solo de l'autre, soutenus par l'ensemble du groupe pour un résultat au delà de toutes attentes. "Loser" fait baisser un peu le pression, titre sympathique mais un deçà en dessous du reste. "Autotunage" est introduit par un petit trip perso de Fred s'essayant a l'autotune avant de laisser place à un excellent titre ouvert par des roulements de batterie fort séduisant, ce qui sera le cas tout le long du morceau. "90.2.10" et son titre énigmatique cache encore une fois un bel exemple d'immédiateté qui n'est quand même rien a coté d'un morceau aussi enthousiasmant que "Why Try" où l'ensemble du groupe s'unit pour nous offrir moins de 3 minutes de bonheur, courtes et intenses.

Le redescende vers la fin du disque se fait avec "Killer In You", titre à tiroir, a l'ambiance plein de nuances. "Back Porch" est clairement orienté hip hop, "My Own Cobain" l'un des titres le plus mélodique de l'album, avec "Angles" qui pourrait être la conclusion idéale de l'album. On oubliera par contre "Middle Finger", carrément hip hop également, mais un peu de trop sur l'album. Trop en faire n'est pas toujours une bonne chose les gars attention! Même si on peut comprendre leur enthousiasme à vouloir en offrir un maximum après les années de galère traversées.

Alors, ce revival, réussi ou pas? Oui, oui et encore oui! Limp Bizkit réussit avec brio son examen de retour, la où d'anciens compères ont signé leurs redoublement avec des idées toutes plus foireuses les unes que les autres (Non mais sérieusement, Korn faire du dub, où allons nous?). Avec un album témoin d'une osmose initiale retrouvée, prouvant l'implication et le plaisir de chaque membre, le combo se replace dans la course sans aucun souci et nous laisse du matériel conséquent pour attendre un futur album qu'on espère au moins aussi bon, avant une fin déjà presque annoncé, car il bien évident que Wes ne pourra pas se maquiller comme ça longtemps. En attendant, ils ont de nouveau de belles années devant eux!

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Limp Bizkit, Gold Cobra, disponible depuis le 27 juin 2011 chez Interscope Polydor
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