[Chronique]

Publié le par Métastases

:Wumpscut: - Siamese
par Arno Mothra

http://img7.hostingpics.net/pics/660372ETAH090.jpgAh, le cas :Wumpscut:… L’un des piliers de l’électrodark qui est devenu au fil des années l’une des choses les plus ridicules et commerciales de la scène gogoth-méchant-j’ai-des-bracelets-à-clous-sur-les-poignets-et-des-profils-de-dindes-à-poil-sur-mon-Myspace-yeah. D’un nouvel opus de l’Allemand (chaque avril donc), on n’attend finalement peu de choses, hormis bien entendu de savoureuses déclarations dans la presse spécialisée – comme quand Monsieur affirme que faire des concerts est synonyme de vendre son âme au diable (en revanche, piller son public en vendant des strings, des mugs et des remixes grotesques, ça c’est de l’intégrité artistique). Le ridicule ne tue pas et c’est bien dommage : ça nous aurait épargné cette horreur.

Remarquons que malgré la date de sortie de Siamese, il semblerait que nous soyons les premiers à en faire la chronique en France (tout du moins sur le web). Déjà, ça sent mauvais. Enfin comme précisé précédemment, à part les potiches qui s’exhibent sur Myspace, :Wumpscut: n’intéresse légitimement plus grand monde étant donnée la qualité désastreuse de ses dernières productions. Malheureusement, Siamese n’échappe pas à la règle : on connaît déjà pratiquement toutes ses pistes avant même de les avoir entendues.

Pour la mise en bouche, « Falling from Lucifer’s grace », au texte d’une rhétorique remarquable et pas grossière du tout, :Wumpscut: voudrait nous montrer que pour une fois l’auditeur aura droit à un peu de changement. Hé bien que nenni ! Les guitares pseudo agressives (uniquement sur cette intro merdique) dissimulent surtout un manque de fond, sur une forme lisse et creuse. Ca commence mal, mais la suite n’est pas en reste. Avec des morceaux répétitifs et sans doute écrits en trente secondes (l’insupportable « Loyal to my hate »), Siamese remporte haut la main le titre de plus mauvais album du Teuton, alors que la concurrence était tout de même sacrément rude. Entre nullités pop pseudo sombres (« Bonshaker baybee », « Blood stigmata », à côté de quoi Britney Spears passerait pour Cannibal Corpse) et morceaux mollassons (l’ambient « Auf wiedersehen », le très convenu « Siamese »), il n’y a strictement rien à sauver ici.

On pensait toucher le fond avec l’instrumental « Zirbit », abysse de la médiocrité, mais « Bambam » défend également très bien sa place quelques instants plus tard. Sûrement la pire bouse du sieur Rudy, parfaitement adaptée pour une soirée arrosée au Champomy et à Thunderdome (tiens, on pourrait même ressortir le jeu de société Atmosphere pour se mettre parfaitement dans l’ambiance). Navrant, autant que le final « Killuh » et ses airs de générique pour film à tendance fantasy.

Siamese épuise dès sa quatrième piste, après quoi l’écoute devient véritablement pénible, voire éprouvante. S’il n’a sorti aucun disque intéressant depuis près de dix ans, :Wumpscut: éparpillait malgré tout çà et là des titres plus transcendants qui, s’ils ne justifiaient pas l’achat d’un album, avaient au moins le mérite de marquer les esprits et de ne pas faire sombrer leur auteur dans la nullité totale. Ce n’est définitivement plus le cas. Au lieu de puer à fond le mercantilisme, Rudy Ratzinger devrait songer à faire de la musique et non de la soupe ; au pire des cas, c’est la saison idéale pour se reconvertir en vendeur de beignets sur la plage.

On tire la chasse ; à vos souhaits.

http://img7.hostingpics.net/pics/660372ETAH090.jpg

:Wumpscut:, Siamese, sorti en avril 2010

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